L’université de Nantes a officialisé le 16 janvier dernier son partenariat avec l’association Neptune du navigateur nantais Armel Tripon, qu’elle accompagne dans ses différents défis. Un projet innovant autour de la création d’un catamaran de sport à foils biosourcés d’une part, mais aussi des travaux de recherche et d’études sur la performance et le partage d’expérience dans la course au large. Ce partenariat multidisciplinaire, ambitieux et hybride embarque ainsi étudiants et chercheurs dans l’aventure sur différentes thématiques et dans différentes filières.

LuciEole, l'application de gestion du sommeil en course


Avec le laboratoire MIP et Capacités

Sur une transatlantique comme sur un tour du monde, la performance se joue aussi sur la gestion du sommeil, garant de la lucidité du skipper dont la prise de décision doit être le moins possible altérée par la fatigue. Afin de mieux évaluer et prévenir des moments de vulnérabilité et de fatigue physique et mentale, un outil a récemment été développé par le laboratoire Motricité, Interactions, Performance et Capacités, la filiale de valorisation de l’université de Nantes.

Il s’agit d’une application conçue comme un outil d’aide à la performance, qui fonctionnera lors du Vendée Globe en toute autonomie et fournira des indicateurs au navigateur sur son état de lucidité pour ainsi prévenir et anticiper les troubles hallucinatoires.
 

Catamaran biosourcé

Avec le laboratoire GeM

Ensemble, le skipper nantais et l’Université de Nantes ont souhaité s’engager dans le développement d’un catamaran de sport à foils, fabriqué en biomatériaux, un petit bateau de 8m, équipé de foils, à deux coques. Ce type de support, équipé de tels appendices, n’existe pas à ce jour. L’ambition de l’équipe et des partenaires mobilisés est la construction et la mise au point d’un support fiable et performant d’ici 2022, pour parvenir ensuite au développement d’une série de bateaux de course monotypes, assez étoffée pour envisager la création d’un circuit de course. Ce voilier devra démontrer qu’il est possible de défendre la performance en navigation associée à des procédés de fabrication propres et plus respectueux de l’environnement, et imaginer des solutions qui puissent répondre aux défis environnementaux et technologiques de la filière nautique.

La singularité de ce projet éco-innovant réside dans son ambition technologique et scientifique : le voilier développé devra concilier performance technique (vol, vitesse, sécurité) et usage de matériaux naturels ou biosourcés. Il n’existe pas à ce jour de support répondant à ce type de cahier des charges, qui a déjà reçu la labellisation EMC2.

Analyse du cycle de vie (ACV)

Avec l'IAE

Grand témoin des impacts environnementaux de la filière nautique comme des innovations possibles en matière de construction navale, Armel Tripon s’interroge aussi sur l’avenir de son sport et des défis écologiques auxquels il doit faire face. Aux côtés de plusieurs équipes de recherches de l’Université de Nantes, le skipper nantais a donc engagé une démarche collaborative et résiliente, à travers notamment une "analyse du cycle de vie" réalisée entre octobre 2020 et février 2021, par des étudiants du Master II CODEME (Conduite de projet en développement durable, environnement – mer – énergie).

Cette ACV doit étudier, mesurer et mieux comprendre l’impact environnemental d’un projet de course à la voile aujourd’hui. Il s’agira pour ces étudiants et les chercheurs associés d’adresser à l’issue de cette étude des hypothèses et pistes d’amélioration, et ainsi concourir à réduire l’empreinte environnementale d’une campagne de Vendée Globe. Démarche inédite, pour le moins innovante, mise en partage avec une classe de CM1 - CM2 de l’école Marsauderies à Nantes, en partenariat avec le Séquoia, Pôle Environnement de la Ville de Nantes.

Cours de vie du skipper

Avec le laboratoire LS2N et MIP

Peu de données sont disponibles sur l’expérience vécue par le skipper d’une course au large en solitaire telle le Vendée Globe, son quotidien ou son activité à bord. Collecter et analyser de telles données permettrait de contribuer à une meilleure compréhension du vécu des skippers dans ces conditions extrêmes et d’identifier les compétences requises/mobilisées afin de concevoir des outils pour la formation des skippers et la transmission de leurs expériences/compétences.